samedi 29 décembre 2012

La Comptine de la Pluie

Le ciel est noir. La pluie se prépare. Elle se rafraîchit un peu, secoue ses cheveux. Elle se pare de ses plus beaux atours et sort ses perles des grands soirs. Dans sa coiffure des fils d'or et d'argent. Ça y est elle est prête. Elle enveloppe son corps dans une grande cape grise, entoure un boa puce autour de son cou. La porte claque. Le bruit de ses pas résonne. Les perles de son collier s'entrechoquent. Un fil d'or tombe sur le sol. La voilà qui arrive.

jeudi 8 avril 2010

"Solange"

Et hop, un peu de orange...

"Au fond d' la grange au toit orange

Vit une mésange du nom d'Solange.

C'est une mésange qui'aime les oranges,

Comme c'est étrange...


Pour faire plaisir à cette mésange

Je range, j'arrange un peu la grange.

Je peins les murs d'un bel orange;

Y-a pas à dire, je suis un ange !


Voici venu l'temps des vendanges,

La p'tite mésange n'a plus d'oranges.

Elle doit partir au sud du Gange,

Là-bas se faire couper la frange.


Elle reviendra au fond d'la grange

La p'tite mésange du nom d'Solange,

La p'tite mésange qui'aime les oranges

Comme c'est étrange..."

dimanche 21 mars 2010

dimanche 28 février 2010

"Ce n'est pas vrai que les morts vont au ciel !"

Ce n'est pas vrai que les morts vont au ciel. Je le sais bien parce que mon papy est mort. Et il habite toujours à la maison avec nous. C'est pour ça que maman n'aime pas quand on nous rend visite à l'improviste. Les gens croient que les morts vont au ciel, alors ils ne comprendraient pas que papy soit toujours là. Du coup, quand quelqu'un vient à la maison c'est le branle bas de combat. Allez oust, papy, au placard ! On ne le met pas vraiment dans le placard (on n'est pas fou, il s'étoufferait). Non, quand il y a des invités, on glisse papy sous le tapis, celui de la salle à manger, devant la cheminée. Là, il est bien. Il peut profiter de la conversation sans que les visiteurs ne se doutent de rien. Et en plus, en hiver, il est bien au chaud près du feu.
Je ne le savais pas, mais papy me l'a appris: les morts, quand ils sont morts, ils ont toujours froid. Depuis, je me pose des questions. Je me demande si la voisine, Madame Planton, n'est pas morte sans le savoir. Déjà parce qu'elle est vraiment très, très, très, très vieille. Mais surtout, été comme hiver elle est recouverte de tout un tas de châles et elle porte de grosses chaussettes en laine. Si elle est morte, ça m'embête un peu. Je l'aime bien Madame Planton. Mais, d'un autre côté, ça pourrait faire une amie pour papy avec qui faire des trucs de gens morts.

Parce qu'il est un peu seul mon papy. Il n'y a que lui qui est mort dans notre maison. Et puis mamie, sa femme, sa compagne de toujours, elle n'est plus avec nous.
Mais pas parce qu'elle est morte. Il y a quelques temps, elle est partie avec un autre monsieur. Ils sont allés vivre en Argentine alors on ne les voit pas souvent. D'ailleurs, mamie n'a jamais revu papy depuis qu'il est mort. C'est lui qui ne veut pas. Il est un peu en colère après elle. Il dit que c'est un peu fort quand même ! Lui, il a toujours voulu voyager, parcourir le monde mais mamie, elle n'a jamais été d'accord. Et maintenant qu'il est mort, elle attend juste qu'il soit froid et elle part s'installer à l'autre bout de la planète ! Et puis, il dit qu'il ne veut pas qu'elle le voit dans cet état. Ça lui ferait un trop gros choc et elle risquerait d'y passer elle aussi. Et papy, il dit qu'il veut avoir la paix maintenant qu'il est mort.


Moi, j'essaie de ne pas trop le déranger, papy. Je viens parfois lui demander de jouer avec moi ou de me lire une histoire, quand papa et maman ne sont pas là, mais c'est tout. De toutes façons, papy il ne veut rien faire d'autres que rester devant la petite fenêtre du garage (que papa a gentiment aménagé pour que papy puisse y dormir). Il ne veut plus jouer aux petits chevaux ou à cache-cache, comme avant. Pourtant, on rigolait bien. Maintenant, il reste des heures, assis, à
contempler l'extérieur. Un jour, je lui ai demandé ce qu'il regardait tout le temps comme ça. Il m'a dit qu'il observait l'éternité s'écouler et qu'il commençait à trouver le temps sacrément long, bon sang de bon soir. Je lui ai dit de regarder autre chose alors, si c'est si ennuyeux l'éternité. Mais, il n'a pas bougé. Il a soupiré et il m'a donné une petit tape sur la tête en me disant de filer parce que c'était l'heure de goûter.


Maman et papa sont un peu inquiets que papy ne veuille rien faire. Ils parlent souvent de lui, le soir dans leur chambre. Je les entends essayer de chuchoter. Maman dit que papy fait une dépression et qu'il devrait aller voir un spécialiste.
Mais papa n'est pas d'accord. Il dit: "Mais tu n'y penses pas ! Que diraient les gens s'ils savaient qu'un mort vit depuis bientôt deux ans avec nous, comme si de rien n'était". Et après ça, maman se met à pleurer parce qu'elle est triste pour papy. Et papa la console en lui disant que ça va s'arranger, que ça va passer. Ensuite, je m'endors parce qu'il est tard et que c'est fatiguant d'essayer d'écouter les conversations.


Et puis, ce matin c'était le printemps. Au petit déjeuner, j'ai vu que quelque chose avait changé. Papy était différent. Sa bouche souriait un petit peu et ses yeux étaient très brillants. Je l'ai même surpris en train de siffloter en sortant de la salle de bain. La dernière fois que je l'avais vu aussi content il était encore vivant.
En début d'après-midi, papy est venu me demander s'il pouvait m'emprunter mon sac de sport, celui avec les petits lapins dessus. Il m'a dit qu'il en avait vraiment besoin mais qu'il ne savait pas quand est-ce qu'il pourrait me le rendre, que ça serait peut-être dans très longtemps. Je lui ai dit que ce n'était pas grave et que, de toutes façons, c'était un sac pour les bébés. Papy m'a fait un grand sourire et m'a dit que j'étais un brave petit. Je lui ai demandé pourquoi il avait besoin de mon sac et pourquoi il était si content. Mais il m'a fait "chut!" et il est allé s'enfermer dans le garage. Puis, maman m'a appelé parce qu'il était l'heure
d'aller à mon cours de judo et je suis parti.


Ce soir, quand je suis rentré avec papa, on a trouvé maman en train de pleurer dans la cuisine. La fenêtre du garage était ouverte. Papy était parti.

mardi 26 janvier 2010

"Zaza la souris Rouge"

Encore un petit poème sur les couleurs (on finira bien par avoir l'ar-en-ciel):

"Zaza est une souris Rouge
Qui aime bien le magenta.
Zaza ne porte que du Rouge
Car elle est sûre que ça lui va.

Zaza a toujours les joues Rouges
Quand elle rencontre Edgard le chat.
Zaza remet vite un peu d'Rouge
Car elle en pince pour l'Angora.

Zaza a pris son beau sac Rouge,
Ce soir ils vont à l'Opéra.
Zaza enfile ses souliers Rouges
Car ils vont danser la Polka.

Zaza met son pyjama Rouge.
Cette soirée elle s'en souviendra !
Zaza remonte son duvet Rouge,
Et elle s'endore... chut, on s'en va..."





dimanche 21 juin 2009

"Le Pull-over Vert"

Un autre texte ancien, lui aussi sous forme de poème. Il devrait-être accompagné de six autres poèmes sur les couleurs.

"Moi le pull que je préfère
C'est mon beau pull-over Vert.
A l'endroit comme à l'envers,
Il me donne un look d'enfer.

Ah, quel malheur, quelle misère !
C'est une tache de pomme-de-terre !
Mais que vais-je bien pouvoir faire
Pour mon beau pull-over Vert ?

"T'inquiète pas" me dit ma mère,
"Cette tache, c'est mon affaire !"
Elle le lave devant derrière
Puis lui donne un p'tit coup d'fer.

Qu'il est beau mon pull-over !
A l'endroit comme à l'envers,
Moi le pull que je préfère
C'est mon beau pull-over Vert !"

mercredi 13 mai 2009

"Mon Gros Orteil"

Voici un premier texte court que j'ai écrit il y a déjà pas mal de temps. C'est un petit poème qui fait partie d'un ensemble de sept, tous sur le thème du corps humain.


"Mon gros orteil il est sympa,
Il est joufflu et j’aime bien ça.
Dans ma chaussette il est l'premier,
Dans ma chaussure jamais l'dernier !


Il ne s’ennuie jamais, il a des amis.
Quatre autres doigts de pied toujours près de lui.
Tous les cinq ils n’arrêtent pas de gigoter.
C’est vrai qu’à plusieurs c’est mieux pour s’amuser.


Mon préféré c’est lui, mon gros orteil.
Mais j’aime les autres, même si c’est pas pareil.
Pourtant j’ai un problème car j’ai deux pieds.
Comment savoir où est mon préféré ?


Pour avoir la solution
J’ai fait une comparaison.
Mais j'ai eu beau les regarder de tous côtés,
Il est impossible de les différencier.


Mes gros orteils ils sont sympa,
Ils sont joufflus et j’aime bien ça !"